Explication de mon taf  :


La duplication du corps féminin, c’est l’humanité, la vie à notre échelle, notre espace temps.

Mon processus de création fait le parallèle avec le cycle de la nature et le lien avec une certaine forme de recyclage : création, destruction et transformation pour un renouveau, une nouvelle vie.

"Rien ne se perd, rien ne se créer, tout se transforme" (Antoine Lavoisier).

 


L’Aspect Pictural

Une œuvre très grand format est élaborée. Cette peinture fait ensuite l’objet d’une transformation. Découpée, déchirée, divisée puis ré-assemblée en plusieurs petites toiles, elle donne alors naissance à plusieurs nouvelles œuvres distinctes qui sont « remises à jour ».

J’utilise volontairement des couleurs pleines de vie qui renvoient la lumière autant que possible. Je veux faire des toiles joyeuses pour partager un sentiment de paix, d’harmonie, d’optimisme, de beauté, d’avenir.

 


Pourquoi cette forme féminine ?  « La base de la base »

Tout mon travail est en lien avec l’influence de mon éducation, avec l’idée de la réconciliation entre les hommes et les femmes.

Si on regarde l’histoire et le présent, on voit que la plus grande difficulté des relations humaines est celle entre les hommes et les femmes.

Ce travail est né du fait que j’ai baigné dans cette pensée, dans cette philosophie de vie : la paix sur terre entre les hommes, commence par la paix dans le couple. Le couple heureux à long terme, c’est un peu la paix de l’humanité.

Ce que je traduis dans la peinture, ce sont ces deux personnages : L’homme et la femme. Le duo, le couple, l’équipe, le binôme, la famille…
Je symbolise deux personnes, l’homme et la femme par deux symboles féminins. On peut clairement dire, qu’en cela je représente la part féminine de l’homme.  J’ai conscience que le symbole peut être mal interprété et détourné mais c’est une sorte d’appel au profond intérieur masculin mais surtout à son entière sensibilité d’humain pour ré-interpréter sa vision parfois faussée du corps féminin. Que le masculin lui fasse volontairement une place d’honneur, sans détour aucun!

L’idée est de peindre un duo « homme et femme » en mettant clairement la femme à l’honneur. La volonté est de donner plus de place à la femme afin de continuer à ré-équilibrer sa place et son importance.

A une autre époque, dans un futur peut-être, mon travail n’aurait peut-être pas eu besoin d’exister. Par ces créations je veux contribuer à ma façon à redonner une place de premier plan et un rappel de l’importance du rôle de la femme dans la vie et l’équilibre sur terre.

J’ai toujours intégré dans mon travail artistique, que ce soit en peinture ou en cinéma, le couple, la relation. La première fois que j’ai peint un duo de silhouettes c’est parce que je cherchais à symboliser les deux personnages (Homme et Femme) de mon film 1+1=3. C’est comme cela que l’idée a pris forme pour la première fois.

Dans le départ de mon processus de création, la grande toile sur laquelle je commence la série, ou plusieurs personnages sont représentés, c’est aussi un clin d’œil à un arbre généalogique impossible. Une unité qui est divisée puis découpée, déchirée et rapiécée. Nous sommes un, tous reliés et interdépendants. Union Séparation Déchirement… C’est un tout qui se confond avec le processus.

Je veux aussi montrer par la douceur de mes toiles, la violence tacite et implicite particulièrement faite aux femmes dans notre société et dans nos comportements.

J’ai aussi choisi ces formes car l’esthétique féminine est, de mon point de vue, douce et belle à regarder. Elle symbolise pour moi la paix, la sérénité. Cette silhouette féminine est un honneur à ce que je perçois de la vie. Je vois en ce symbole, l’amour, la douceur, la vie, la naissance, la puissance. C’est comme un hommage au corps, au ventre qui nous a tous porté ici sur terre. C’est de là que le début de notre forme a pris vie, dans le corps féminin.
Rappelons-nous que la vie prend forme dans ce corps de femme et que cela mérite un respect sans concession.

J’ajoute que malgré tous nos changements sociaux liés à l’évolution de la science, il faut être deux pour donner la vie, tout du moins il faut deux souches, une mâle et une femelle.

Il y aussi une référence contemporaine au titre « l’origine du monde » de Courbet, mais seulement au titre et non au contexte dans lequel son tableau à été créée.

L’Aspect Photographique - Street Art.
 
Au gré de l’imaginaire et des variations climatiques, je fais « fondre » toutes ces nouvelles toiles dans le décor de la ville et/ou de la nature. Le côté « street art » est important pour moi, il est de ma génération, de mes influences Hip Hop. Je délocalise la peinture. Je préfère accrocher les toiles, les fondre dans l’urbanisme qui m’entoure car pour moi la toile a ce côté plus noble que le béton d’un mur. Je photographie donc ces nouvelles toiles en utilisant le décor naturel et architectural de la ville, de la nature. C’est à dire que le temps de la photographie, j’installe de manière éphémère les nouvelles toiles sur les toits et les espaces verts privilégiés, afin de créer des images en lien avec les éléments AIR, EAU, TERRE, VEGETAUX. La photographie de toutes ces créations, devenues « séries » rend plus facilement « mobiles » mon travail.
Ces séries peuvent faire écho, bien avant celles de Warhol, à une part de l’œuvre de Monet.


KP